Le paysage des courses de chevaux en France va changer de visage dès l’an prochain. France Galop a arrêté la liste définitive des hippodromes qui n’accueilleront plus de courses de galop à partir de 2027. Le projet initial en visait 31 ; après la mobilisation des socioprofessionnels, ils sont finalement 24 à perdre le plat et l’obstacle. Pour les amoureux du cheval qui fréquentent ces petites pistes de province, c’est une page qui se tourne.
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Une carte resserrée, publiée le 19 octobre #
La liste définitive a été publiée le lundi 19 octobre 2026. L’objectif affiché par l’institution est de rendre les courses plus lisibles, plus attractives et plus pérennes, dans un contexte de baisse des enjeux des paris hippiques.
Concrètement, les sites concernés perdent leurs réunions de galop mais restent ouverts aux courses de trot, qui relèvent d’une autre société mère. Selon France Galop, les réunions supprimées doivent être réaffectées sur d’autres hippodromes, sans réduction de l’enveloppe globale des allocations à ce stade.
Les 24 hippodromes concernés
La liste couvre presque toutes les régions : Agen, Auch, Aurillac, Beaupréau, Cavaillon, Carcassonne, Carhaix, Divonne-les-Bains, Gramat, Guingamp, Guerlesquin, Hyères, Les Sables-d’Olonne, Méral, Meslay-du-Maine, Molières (à Chemazé), Montauban, Montignac, Plessé, Plestin-les-Grèves, Plouescat, Sillé-le-Guillaume, Vitré et Vitteaux.
La Bretagne et les Pays de la Loire paient un tribut particulièrement lourd. En Mayenne, trois pistes perdent le galop d’un coup dès 2027 : Méral, Meslay-du-Maine et Molières. La députée Géraldine Bannier a parlé d’un « crève-cœur » pour ces trois hippodromes.
Des spécialités redistribuées ailleurs #
La réforme ne se limite pas aux fermetures. D’autres hippodromes changent de spécialité. Aix-les-Bains, Cholet, Châteaubriant, La Teste, Saint-Malo et Toulouse perdent l’obstacle mais gardent le plat, tandis que Strasbourg et Vittel sont concernés de façon progressive. À l’inverse, Jarnac, Le Lion d’Angers, Nancy, Nantes et Orléans abandonnent le plat pour se concentrer sur l’obstacle.
Pour les chevaux et leurs entourages, cela veut dire des déplacements plus longs. Un entraîneur installé dans le Finistère ou en Mayenne qui engageait ses pensionnaires sur une piste proche devra désormais viser des hippodromes plus éloignés. Le transport en van, la fatigue du voyage et le temps de récupération entrent alors davantage dans le calcul.
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Ce que cela change pour le bien-être des chevaux
Un trajet plus long n’est jamais neutre pour un cheval de course. Le transport sollicite l’équilibre, augmente le stress et peut favoriser la déshydratation. Les entourages qui devront allonger leurs déplacements ont intérêt à soigner quelques points : départ la veille quand c’est possible, pauses régulières, abreuvement fréquent, foin à disposition et ventilation correcte du camion. Une fois arrivé, un temps de repos avant la course reste indispensable.
Pour les petites structures, éleveurs et propriétaires amateurs qui faisaient courir un ou deux chevaux sur la piste du coin, l’équation financière peut aussi devenir plus difficile : frais de transport, nuits sur place, temps passé. Certains pourraient revoir le nombre d’engagements dans l’année.
Des territoires attachés à leurs réunions #
Au-delà des professionnels, ces hippodromes de campagne sont souvent des rendez-vous populaires. Une réunion de courses, c’est une journée en famille, des bénévoles mobilisés, une buvette, des enfants qui découvrent le cheval de près. Dans plusieurs territoires, la perte des réunions de galop est vécue comme un coup dur, et la députée de la Mayenne n’est pas la seule élue à s’en être émue.
La plupart de ces sites ne disparaissent pas pour autant : le trot y continuera, et certaines associations réfléchissent déjà à d’autres usages, comme des concours d’équitation, des fêtes du cheval ou des journées de découverte pour le public.
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Et pour les cavaliers amateurs ? #
Si vous avez l’habitude de vous rendre sur l’un de ces hippodromes, le mieux est de suivre le calendrier 2027 des sociétés de courses locales, qui devraient préciser rapidement ce qu’elles maintiennent. Le trot, les animations et parfois les compétitions équestres resteront des occasions de voir des chevaux en action près de chez vous.
Cette réforme rappelle une réalité simple : la filière hippique vit des paris, et quand ceux-ci reculent, c’est toute l’organisation des courses qui se resserre. Reste à voir si la concentration sur moins de pistes suffira à redonner de l’élan au galop français.




