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Aides agricoles : la filière cheval réclame l’accès des écuries et élevages aux mesures du gouvernement

Les écuries, centres équestres et élevages de chevaux veulent leur place dans les mesures d’aide aux agriculteurs. L’organisation Filière cheval a adressé deux courriers au ministre de l’Agriculture pour réclamer que les exploitations équines soient réellement prises en compte, rapporte chevaux.info le 2 novembre 2026. Une démarche qui intéresse directement tous ceux qui vivent du cheval, mais aussi les propriétaires qui confient leur monture à une pension.

Une année difficile pour les structures équestres #

Selon Filière cheval, les entreprises équestres et hippiques sont durement touchées depuis l’été par des épisodes climatiques extrêmes. L’organisation cite une pénurie de fourrage, des prix qualifiés d’« explosifs », des restrictions administratives et des limitations d’arrosage.

Pour une écurie, ces difficultés se cumulent. Le foin et la paille représentent un poste de dépenses majeur, et une prairie grillée par la sécheresse oblige à affourager plus tôt et plus longtemps. Les restrictions d’eau compliquent l’entretien des carrières et l’abreuvement au pré. Au bout de la chaîne, ce sont souvent les tarifs de pension et de cours qui finissent par bouger.

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Des aides pensées pour l’agriculture, mais pas pour les chevaux #

Le cœur de la revendication porte sur l’éligibilité. Le gouvernement a annoncé plusieurs dispositifs pour soutenir les exploitations agricoles : des prêts à taux zéro dans le cadre du plan CASI, le déblocage du fonds de réarmement agricole et le pacte Genevard, qui facilite la transmission des fermes. Or, d’après Filière cheval, une grande partie de ses adhérents ne remplit pas les critères actuels. L’organisation y voit une « exclusion de facto ».

L’argument principal est juridique : les exploitations équines relèvent du régime agricole depuis 2005. Pour son président, Olivier de Seyssel, la conclusion s’impose : « Les entreprises équines sont des entreprises agricoles à part entière. » Il ajoute : « Qu’il s’agisse de traverser une crise ou de préparer l’avenir, elles doivent être traitées comme telles. »

La pression foncière en toile de fond

Filière cheval insiste aussi sur les zones périurbaines, où la pression foncière menace la viabilité des structures. C’est là que se trouvent beaucoup de centres équestres et de pensions, au plus près des cavaliers. Ils sont aussi les plus exposés à la hausse du prix des terres et à la concurrence de l’urbanisation. Pouvoir accéder aux aides à la transmission ou à l’investissement y est vu comme décisif.

Les éleveurs équins sur la même ligne #

La démarche de Filière cheval rejoint celle d’un syndicat agricole. Le 23 octobre, la Coordination rurale a publié ses demandes pour l’élevage équin. Elle réclame notamment une aide couplée « élevage équin herbager » dans la future politique agricole commune de 2028, ciblée sur les juments reproductrices et favorable aux petites et moyennes exploitations. Elle demande aussi une reconnaissance harmonisée des unités de gros bétail équines dans les dispositifs de la PAC, et l’accès des systèmes équins aux écorégimes.

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Le syndicat rappelle le poids de la filière : 120 400 emplois en France, dont 35 900 salariés en équivalent temps plein (chiffres 2023), près de 996 000 équidés fin 2024 et plus de 1,1 million d’hectares de prairies valorisés par les chevaux. « Nous ne demandons pas un régime privilégié, mais l’équité entre filières d’élevage », écrit-il.

Parmi ses autres demandes figurent un audit indépendant des organismes financés par les cotisations des éleveurs, l’absence de hausse des frais d’identification, une TVA adaptée aux ventes de chevaux hors élevage, aujourd’hui taxées à 20 %, et le maintien du statut d’animal de rente pour le cheval.

Ce que cela peut changer pour les cavaliers et propriétaires #

À ce stade, il s’agit de revendications : ni le ministère ni le gouvernement n’ont annoncé d’ouverture des dispositifs aux structures équines. Mais l’enjeu dépasse les seuls professionnels. Une pension qui traverse une mauvaise année fourragère sans soutien doit choisir entre réduire la qualité du foin, rogner sur l’entretien ou augmenter ses prix. Un centre équestre qui ne trouve pas de repreneur ferme, et ses chevaux doivent être replacés.

Pour un propriétaire, c’est le bon moment pour parler franchement avec son gérant d’écurie. Comment le fourrage de l’hiver a-t-il été sécurisé ? D’où vient-il ? Une révision du tarif est-elle prévue ? Mieux vaut l’anticiper que la découvrir sur la facture de janvier. Côté alimentation, un foin acheté plus loin ou d’une autre coupe peut aussi justifier une transition progressive pour préserver le système digestif du cheval.

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La suite dépendra de la réponse du ministère aux deux courriers de Filière cheval, et des arbitrages sur la PAC 2028, où la question de l’aide couplée équine sera discutée. Nous suivrons ce dossier.

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